mardi 2 décembre 2014

La graine de coquelicot

J'avais dit que je raclerai les fonds de tiroir... Mais pas facile, à vrai dire, de remuer les vieilles choses et y trouver encore de l'intérêt !
Mais enfin, n'ayons pas peur d'avoir de la poussière plein les mains ! Commençons à fouiller...
 
Alors, dans mes tiroirs, j'ai trouvé un texte écrit en février 2011, quelques jours avant la naissance de ma première fille. J'avais suivi pendant huit mois l'aventure de la grossesse et j'avais l'idée de me lancer dans un projet à plusieurs voix pour mettre des mots sur ces mois si particuliers. Première voix : celle du bébé à naître. C'est lui qui prend la parole dans ce texte. La métaphore végétale qui est longuement filée (oui, oui, il y aurait de quoi faire une  bonne soupe avec tous ces légumes !) m'a été inspirée par une appli de mon téléphone qui me disait chaque semaine à quoi ressemblait le bébé qui se cachait dans mon ventre !
J'ai une affection particulière pour ce texte qui me fait replonger dans cette douce période...
 

La graine de coquelicot
C’est le début de l’été et je suis une graine de coquelicot.
Je suis tout tout petit.
Bien plus petit qu’un pépin de pomme ou qu’une myrtille.
Si petit que personne ne se doute de mon existence.
Même pas ma maman qui fait tourner sa robe dans la musique des soirs de juin.
Même pas mon papa qui regarde en souriant ma maman valser dans ses bras.
Chut, je suis un secret !

L’été est bien avancé maintenant et je suis un citron.
Je suis encore bien petit.
Mais un matin, ma maman a découvert mon existence. Elle s’est réveillée et elle a compris. Elle a compris que j’étais là !
Elle a crié, elle a pleuré, elle a sauté.
Et à l’oreille de mon papa, elle a murmuré : « bientôt, nous serons trois ! ».

C’est l’automne désormais et je suis une patate douce.
J’ai beaucoup grandi.
Les amis de ma maman me devinent sous son tee-shirt. Ils demandent : « c’est un garçon ? c’est une fille ? » Ma maman sourit et hausse les épaules en disant : « qu’importe, c’est mon petit oignon, ma grosse tomate ! »
Et mon papa ajoute : « qu’importe, c’est mon gros avocat, ma petite banane ! »

Le froid de l’automne est arrivé et je suis une mangue.
J’ai beaucoup grossi.
À travers l’écran du médecin, mes parents ont vu battre mon coeur.
Timidement, ma maman a demandé au docteur : « est-ce un chou ? est-ce une fleur ? »
Les yeux sur l’écran, le médecin a révélé mon secret.

Mais mon papa s’est penché sur ma maison et a chuchoté : « promis, petit chou-fleur, on ne dira rien de ton mystère ! » [...] 

 
Si vous voulez connaître la suite de l'histoire, écrivez-moi !
Et si vous voulez l'illustrer... écrivez-moi également !
 
 

2 commentaires:

San-tooshy a dit…

Coucou,

cela faisait bien longtemps...Je pense que tu devrais proposer Madame Moun. C'est un beau texte qui mérite un vrai illustrateur.
Bonne semaine à toi.

Anonyme a dit…

Magnifique texte. Bravo, je m'empresse de le partager à ma soeur qui attend un petit. Cette poésie lui fera du bien je pense. Merci à toi !