mercredi 16 septembre 2009

Souffle, souffle !

Lorsque j'étais sur mon vélo cet été, dans le grand Nord danois, ça soufflait dur ! Un vent fort et sans trêve qui venait de la mer du Nord et emmêlait mes cheveux. Bien sûr, ça m'a donné envie d'écrire une histoire ! Une histoire pour parler de la propriété étrange de cet élément naturel : on voit les conséquences du vent sur les choses et les êtres, mais le vent, lui, jamais on ne le voit. N'est-ce pas un peu comme l'amour ?

Alors voilà, j'ai essayé de me souvenir du souffle du vent et j'ai écrit une petite histoire. Mais, hum, hum, je n'en suis pas vraiment contente (euh, qui a dit que je n'étais jamais contente de ce que je fais ?!!) ! Je me demande s'il s'agit d'une histoire ou bien d'une sorte de long poème. Je me demande aussi à qui ce texte pourrait bien s'adresser. Et puis j'ai peur que certaines formulations soient un peu lourdes (un peu trop poético-lyriques, quoi !).
Vous en pensez quoi ? Dites-moi ! Je suis prête à (presque) tout entendre !

Souffle, souffle !


Souffle, souffle, joli vent de printemps !
Là, furtivement sous mon nez, avoue-moi tes secrets !

Je sens les bouquets colorés que tu fleuris le long de mon chemin.
Je sens les embruns de l’océan que tu remues au creux des vagues.
Je sens les rêves mystérieux sur lesquels tu fais s’envoler mon cœur.

Mais toi, joli vent de printemps, où es-tu ?
Tu as porté jusqu’à moi un parfum inconnu aux couleurs d’amour. Puis tu as continué de souffler, sans que je puisse savoir à quoi ressemble ton odeur.
Maintenant je sens battre dans mon cœur un tout nouveau parfum doux et sucré. Je le rencontre pour la première fois.


Souffle, souffle, doux vent d’été !
Là, doucement sous mon regard, montre-moi tes secrets !

Je vois le sable que tu fais tourbillonner tout en haut de la dune.
Je vois mes cheveux qui virevoltent dans ton air salé.
Je vois la girouette qui danse au sommet du phare.

Mais toi, doux vent d’été, où es-tu ?
Tu as amené jusqu’à moi le bateau de l’homme au parfum inconnu. Puis tu as continué de souffler, déposant sur ma joue ta brise, douce comme la caresse d’une bise.
Maintenant je vois sur mon visage le sourire que m’a offert le marin inconnu. Et je regarde sur ses lèvres le sourire que je lui ai rendu.

Souffle, souffle, furieux vent d’automne !
Là, violemment à mes oreilles, révèle-moi tes secrets !

J’entends ton hurlement lorsque tu cherches à te faufiler entre les persiennes des volets.
J’entends ta folie lorsque tu fais battre les voiles du navire de mon marin.
J’entends ta colère lorsque tu remues dans la nuit les vagues de la tempête.

Mais toi, furieux vent d’automne, où es-tu ?
Tu as soulevé le bateau de mon marin bien aimé. Puis tu as continué de souffler, sans que personne ne puisse jamais t’arrêter.
Maintenant j’entends le chant des sirènes qui, du fond des océans, cherchent à séduire mon amoureux et à le retenir à tout jamais loin de moi.


Souffle, souffle, cruel vent d’hiver !
Là, tristement sous mes doigts, rends-moi tes secrets !

Je touche du bout de mes doigts la photo de mon amoureux disparu.
Je touche du bout de ma douleur le vide que tu as laissé dans mon cœur.
Je touche du bout de ma solitude l’absence que ta fureur a creusé au fond de moi.

Mais toi, cruel vent d’hiver, où es-tu ?
Tu m’as arrachée à mon marin bien aimé. Puis tu as continué de souffler, sans me permettre de lui annoncer notre espoir d’avenir.
Maintenant je touche dans une caresse mon ventre arrondi. Et je n’ose croire à ce nouveau secret.


Souffle, souffle de nouveau, joli vent de printemps !
Là, délicatement dans ma bouche, savoure avec moi mon secret enfin révélé !

Je goûte aux lèvres de mon amoureux revenu.
Je goûte aux tendres baisers retrouvés.
Je goûte à la saveur de l’amour qui, du fond des mers, est remontée.

Oh toi, joli vent de printemps, enfin tu es de retour !
Je n’ai pas réussi à te capturer. Toujours, sans t’arrêter, tu as continué de souffler.
Mais un matin de printemps tu m’as laissée rattraper l’amour que tu m’avais offert.
Du haut de ma dune, j’ai vu les voiles du bateau de mon amoureux.
Du haut de mon phare, j’ai entendu la voix de mon amoureux.
Du haut de mon espoir, j’ai senti le parfum salé de mon amoureux.
C’est toi, joli vent de printemps, qui, dans ton souffle me ramenait mon amour !
Continue de souffler, grand vent des quatre saisons ! Peut-être nous apporteras-tu à l’été prochain le joyeux rire d’un enfant !

8 commentaires:

valérie a dit…

c'est très beau GEISHA LINE. J'aime beaucoup

Katia JOYE a dit…

C'est très poétique est un peu nostalgique. Je pense que ça conviendrai à tous les âges. Peut-être pas aux tous petits car le texte est un peu long, mais à partir de 12 ans on commence à s'itéresser à la poésie en générale... Bon, ah, ce n'est que mon avis.

Audie a dit…

Moi je pense que ça conviendrait à une chanson !

Geisha Line a dit…

Merci pour vos commentaires ! C'est encourageant de voir que ce texte peut plaire un petit peu !
Audie, je n'y avais pas pensé, mais tu as raison : ce texte pourrait être celui d'une chanson ! En plus, j'ai toujours rêvé d'écrire des chansons. Par contre, il faudrait que je revois alors l'écriture en faisant des "pieds" pour que ce soit plus régulier... Je vais y penser !

estelle* a dit…

alors mon avis : le début est un peu trop "sucré" pour moi (poético-lyrique comme tu dis!) mais j'ai vraiment été transportée après! et surprise aussi! je ne pensais pas que l'histoire irait dans cette direction. j'aime particulièrement les mois d'automne et d'hiver. j'ai eu l'impression de vivre intensément les émotions de cette femme (peut-être parce que comme toi je reviens d'un endroit où il y avait beaucoup de vent!)

San-tooshy a dit…

Je trouve ton texte magnifique ! Je suis toujours étonnée par ton manque de confiance en toi alors que tu sors des choses superbes. Moi ce texte, je le vois illustrer. Tu devrais le proposer à l'édition. Tente ! Je crois que ça en vaut le coup !
Je pense aussi que tu devrais t'inscrire au projet 7 (si ce n'est pas déjà fait )
Bye et continue. Tes textes sont originaux et plaisant à lire.

Geisha Line a dit…

Estelle > Merci pour cet avis précis ! Je pense qu'il y a un petit côté "mièvre" dans ce texte. Tout est une question de dosage dans les adjectifs à mon avis. Je le laisse "reposer" pour le reprendre dans quelque temps. Mais je suis contente que la fin du texte t'ait parlé ! Je voulais vraiment rendre un hommage au vent. J'adore le vent qui souffle et les tempêtes !

San-tooshy > Merci beaucoup pour tes compliments ! Question "confiance en soi", je crois qu'on fait la bonne paire !!! J'aimerais moi aussi pouvoir te convaincre que tu as beaucoup de talent et te renvoyer ton encouragement : continue ! Car j'adore la poésie que tu mets dans tes illustrations !
Je me suis inscrite au projet 7. Pourquoi pas toi aussi ?

San-tooshy a dit…

Moi bizarrement, je n'ai pas senti le côté mièvre. Je me suis laissée porter par les mots sans réfléchir et je trouvais que ça fonctionnait bien.
Question "estime de soi" c'est vrai que c'est un peu l'hôpital qui se fout de la charité mais bon je voulais te le dire parce que tes textes ont autant de chance que les autres. C'est bien que s'être inscrite. J'ai trouvé que c'était une expérience intéressante mais pas pour moi cette année. Je me sens d'attaque et puis j'ai dit stop donc se forcer ne sert à rien. Mais je vais quand même suivre le truc de loin.