Valentin ne prête toujours pas son doudou... mais heureusement, ses amis ne lui en veulent pas ! Voici Tommy et Samia, les potes de Valentin :
L'illustration, très tendre et colorée, est de Rebz, pour notre projet "Dis, tu me prêtes ton doudou ?" Bravo Rebecca ! J'espère que ce projet aura une suite, car je ne sais pas vous, mais moi je n'ai qu'une hâte : voir Rebz dessiner les autres pages de l'histoire !
Quand on rentre de week-end le dimanche soir, mon chat se précipite vers sa gamelle pour voir s'il y a des croquettes. Mais en général, il n'y en a pas, car moi, de mon côté, je me précipite sur mon ordinateur pour voir si j'ai des messages. On voit les priorités de chacun, n'est-ce pas ?
Et ce que j'aime trop (tandis que mon chat s'acharne à lécher sa gamelle vide !), c'est trouver une jolie image dans ma boite-aux-lettres ! Et voici justement une de celles que j'ai trouvées hier soir en revenant à la maison :
C'est la suite de l'histoire de Valentin ("Dis, tu me prêtes ton doudou ?"), mise en images par Rebz. J'aime beaucoup comment Rebz réussit à dire la tristesse de Valentin, tout en composant une page pleine de douceur et de poésie.
Bravo Rebecca ! Et merci !
PS : Rassurez-vous, je finis toujours quand même par donner des croquettes à mon chat affamé !
Cela a pris un peu de temps, car il y avait toujours quelque chose que je n'avais pas : le tissu de la bonne couleur, la bonne aiguille à broder, et puis aussi (et surtout) le temps et l'envie. Mais enfin, ça y est ! Valentin a son doudou-coussin !
Il s'appelle Doussin. Il est tout froissé et a plusieurs défauts (même pas cachés !). Mais il semble jouer son rôle à merveille : faire faire de beaux rêves ! Valentin n'étant qu'un personnage de fiction, j'ai offert Doussin à un grand garçon... qui maintenant refuse de me le prêter (j'ai dû ruser pour prendre la photo !).
Quant à la "vraie" histoire de Valentin, elle continue de prendre vie sous les doigts de Rebz. Voici Valentin avec sa Mamie Gâteau et Samia :
C'est encore la course, le stress et le boulot jusqu'au cou en ce moment (alors que tout le monde est en vacances, grrrrr, c'est pas juste !!)... donc je n'ai le temps de rien ! Ni d'écrire, ni de penser, ni même de rêver... (Gros soupir)
Mais heureusement, il y a de gentils illustrateurs qui font de belles images pour me faire penser à autre chose. Voici une illustration de Rebz pour mon texte "Dis, tu me prêtes ton doudou ?" Elle est à croquer cette Mamie Gâteau, n'est-ce pas ?! Merci Rebz !
Dans un autre domaine (bien moins doux, et bien plus sanglant !), mon chat semble prendre très à coeur son rôle de héros de l'histoire "Le jardin des secrets". Dans le fameux jardin, voici comment j'ai surpris le matou vorace :(Oui, oui, ce sont bien des pattes d'oiseau qui dépassent de la gueule du chat !)
Hier soir, il était bien tard quand on est rentré de week-end. Mais, malgré ça, je n'ai pas pu résister à la tentation de vérifier mes mails. Et je n'ai pas été déçue ! J'ai sauté sur ma chaise et j'ai fait "wahouhhhhhhhh !" Dans ma boîte-à-mails, il y avait un message de Rebz, avec dedans une très jolie illustration : Il s'agit de la première planche de l'histoire "Dis, tu me prêtes ton doudou ?", que j'avais écrite cet hiver. L'image est pleine de douceur et de tendresse ! Trop bien ! Elle donne envie d'avoir un doudou rien qu'à soi, à serrer très fort dans ses bras ! Un grand merci à Rebz !!
J'espère qu'un jour j'aurai l'occasion de lire l'histoire illustrée au petit Vincent qui me l'a inspirée. D'ailleurs, ça me fait penser que je n'ai toujours pas cousu le doudou-coussin de Vincent/Valentin. Allez, hop, je file re-sortir ma machine à coudre pour m'y mettre enfin !
PS : Pourquoi l'illustration apparaît en bleu, alors qu'en fait elle est en chocolat ? Je n'en sais diantre rien !!! Pour voir l'image dans sa vraie couleur, allez jeter un coup d'oeil sur le blog de Rebz !
Tout à l'heure, j'ai fait un peu de ménage dans mes affaires. J'avais une pile de factures, de relevés de compte et d'autres vieux papiers qui dormaient depuis des semaines sur un coin de bureau. Pas très sérieux tout ça !
Sous la pile des papiers, j'ai retrouvé une belle pochette verte que j'avais acheté eil y a quelques mois pour y glisser les derniers textes que j'avais écrits. J'ai farfouillé dans toutes ces pages noircies, pour la plupart raturées à la main au crayon rouge (vieille habitude de prof !). Je n'ai rien relu - pas le courage... (je n'aime pas me relire sans m'y être préparée !). Mais j'ai soupiré. A quoi bon écrire toutes ces histoires si c'est pour les laisser dormir dans la grande pochette verte ? Un texte, c'est fait pour être lu, non ?
Alors je me suis assise devant l'ordinateur, j'ai ouvert Blogger et j'ai modifié mon dernier message. Un coup de copier-coller et voilà : désormais, l'histoire du doudou de Vincent est à lire en entier ! Et il en sera très certainement de même pour les autres textes !
Bonne lecture ! Et n'oubliez pas de me laisser un petit mot si vous aimez (ou pas) !
Il y a quelques temps déjà, j'ai rencontré Vincent, 2 ans. Lorsqu'il nous a vus, Moun et moi, il s'est réfugié dans les bras de sa maman. Il avait oublié que nous le connaissions déjà et que nous l'avions déjà tenu dans nos bras alors qu'il n'était qu'un tout petit bébé. Puis, au fil de l'après-midi, Vincent nous a apprivoisés. Un bon gros gâteau au chocolat l'a aidé à se réconcilier avec les amis qui étaient venus voler l'attention de ses parents.
Dans les bras de Vincent, il y avait un petit coussin tout blanc. "C'est son doudou préféré", a chuchoté sa maman. Celle-ci nous a expliqué qu'il y avait des tas de peluches dans sa chambre, mais que, toujours, Vincent revenait à ce coussin tout simple qui l'accompagnait partout.
Monsieur Moun s'est mis à la hauteur de Vincent et a avancé la main vers le doudou-coussin :
- Dis, Vincent, tu me prêtes ton doudou ? a-t-il demandé avec douceur.
Mais Vincent, du haut de ses deux ans, a lancé un regard noir à monsieur Moun. La violence de ce regard m'a frappée. Je n'aurais jamais cru que même chez de petits enfants le sens de la propriété pouvait être si marqué. Prêter son doudou ? Monsieur Moun n'y pensait pas ! Vincent n'a rien dit, mais il n'y avait aucun doute sur la réponse à l'innocente question de monsieur Moun !
En rentrant à la maison, je me suis dit que j'allais fabriquer un doudou pour Vincent. Un doudou-coussin avec du tissu blanc... mais pourquoi pas aussi avec des yeux et des oreilles pour lui donner un petit air plus personnel ? J'ai fait le dessin du doudou sur mon carnet... Et puis le temps a passé. Je n'ai pas eu le temps de ressortir ma machine à coudre et, pour le moment, le doudou-coussin n'existe que sur le papier.
Mais le regard noir de Vincent n'est pas sorti de mon esprit. Très vite, une histoire a grandi dans ma tête. Une histoire avec un petit garçon qui ne voudrait pas prêter son doudou. Une histoire sur le don, le partage et l'amitié.
Dimanche dernier, je me suis assise devant mon ordinateur et mon histoire s'est laissée écrire. C'est une toute petite histoire sans prétention. Mais j'aimerais bien lui donner des images. J'ai dans l'espoir de lui trouver un illustrateur. Des amateurs ?
***
− Dis, Valentin, tu me prêtes ton doudou ? demande Léa à son copain. Ton doudou si doux, je peux le câliner, moi aussi, pour passer avec lui une nuit pleine de jolis rêves ?
Prêter son doudou ? De la tête, Valentin fait non ! Dans ses bras, il serre encore plus fort son doudou tout moelleux. C’est son doudou rien qu’à lui. Son doudou qui, chaque nuit, l’accompagne dans ses rêves et chasse les fantômes et les cauchemars du soir.
Non, son doudou, jamais Valentin ne le prêtera !
− Dis, Valentin, tu me prêtes tes crayons de couleur ? demande Théo à son cousin. Tes crayons si beaux, je peux les utiliser, moi aussi, pour faire un dessin ?
Prêter ses crayons ? De la tête, Valentin fait non ! Dans la paume de sa main, il presse encore plus fermement ses crayons magiques. Ce sont ses crayons rien qu’à lui. Le crayon bleu lui sert à colorer le ciel immense de l’été, le rouge lui permet de couvrir les feuilles de son cahier de fleurs de coquelicots, le jaune illumine ses dessins d’un grand soleil et le vert le fait imaginer un arbre géant aux milles branches.
Non, ses crayons, jamais Valentin ne les prêtera !
− Dis, Valentin, tu me prêtes tes gants ? demande Tommy à son camarade. Tes gants de laine si chauds, je peux les mettre, moi aussi, pour faire un grand bonhomme de neige ?
Prêter ses gants ? De la tête, Valentin fait non ! Au fond de sa poche, il enfonce la paire de gants qu’il n’utilise pourtant plus, puisqu’il a fini de jouer dans le jardin. Ce sont ses gants rien qu’à lui. Grâce à eux, Valentin n’a jamais froid aux doigts. Grâce à eux, il peut faire les plus grosses boules de neige. Grâce à eux, il pense chaque jour d’hiver à Mamie qui les lui a tricotées et les lui a offerts à Noël dernier.
Non, ses gants, jamais Valentin ne les prêtera !
− Dis, Valentin, tu me prêtes ta Mamie ? demande Samia à son voisin Valentin. Ta Mamie si gentille, je peux rester avec elle, moi aussi, juste pour ce soir, pour ne pas être trop seule sans ma Maman et mon Papa qui rentrent tard de leur travail ?
Prêter sa Mamie ? De la tête, Valentin fait non ! Vite, il referme la porte au nez de Samia et se précipite dans la cuisine pour courir jusqu’aux bras de Mamie. C’est sa Mamie rien qu’à lui. Sa jolie Mamie, douce comme une fée, qui le couvre de bisous chaque jour lorsqu’il rentre de l’école et qui lui prépare de bons goûters au chocolat.
Non, sa Mamie, jamais Valentin ne la prêtera !
Ce soir, Valentin est triste. Il reste assis sur les marches de la maison et n’ose pas rentrer chez lui.
Tout à l’heure, à la sortie de l’école, Mamie n’était pas là pour venir le chercher, comme elle le fait chaque après-midi. À sa place, il y avait Papa. Papa avec un air grave et noir. Sur le chemin de la maison, Papa n’a rien dit. Il marchait vite, écrasant la main de Valentin dans la sienne. Ce n’est qu’en arrivant devant la maison que Papa a dit : « Mamie est tombée malade. Elle n’a pas pu venir te chercher. Elle ne le pourra pas demain, ni après-demain, ni non plus la semaine prochaine, et peut-être pas la semaine encore après… » Papa n’a rien ajouté. Il a ouvert la porte, s’est assis sur le canapé du salon et a laissé son regard se perdre dans le vide.
De l’autre côté de la fenêtre, Valentin a regardé Papa assis tout seul sur le canapé. Au coin de ses yeux, il a remarqué de toutes petites larmes. Elles étaient minuscules – mais dans la lumière du soir, elles brillaient presque. Valentin a été surpris : il croyait que les larmes des papas, ça n’existait pas.
Maintenant, Valentin est tout seul sur le perron. Il aimerait bien que Léa, Théo Tommy, ou Samia viennent et lui demandent :
− Dis, Valentin, tu me prêtes ta tristesse ?
Il pourrait alors leur répondre :
− Oh oui, je te prête ma tristesse ! Et puis même, je ne vais pas seulement te la prêter, mais je vais te la donner ! Tu pourras la garder pour toujours… et ce sera ta tristesse… ta tristesse à toi ! Ce ne sera plus la mienne !
Mais personne ne vient.
Et la tristesse de Valentin reste au fond de son cœur et rend humides ses paupières.
Soudain, Valentin entend son prénom. Il lève la tête. Devant lui, il y a Léa. Et puis aussi Théo, Tommy et Samia.
Léa approche ses lèvres des joues de Valentin :
− Valentin, je te donne pleins de bisous pour que tu fasses le plein de douceur !
Théo serre son cousin dans ses bras :
− Valentin, je te donne mon épaule pour que tu y déposes ton chagrin !
Tommy, à son tour, fait un large sourire à son camarade :
− Valentin, je te donne plein de sourires pour que tu y accroches ton espoir !
Et Samia, timidement, s’assoit aux côtés de Valentin et lui tend un bouquet de pâquerettes :
− Valentin, je te donne des fleurs pour que tu retrouves le printemps dans ton cœur !
Valentin ne sait plus quoi dire. À ses amis il avait refusé de prêter ce qui lui appartenait, et voilà que tous ils sont là pour lui donner ce qui lui est le plus précieux et ce dont il a le plus besoin aujourd’hui : leur amitié.
Valentin a presque oublié sa tristesse. Il ne pense désormais plus qu’à une chose : dire merci et partager cette merveilleuse générosité !